Mercredi des Cendres 2026

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PAX

Chers animateurs, membres et amis du CSM,

 Ut cognoscant Te          

Un Modèle pour ce Carême…

            Avoir un idéal, c’est bien ! Mais avoir un modèle, c’est encore mieux, car c’est une incarnation visible de notre idéal ! C’est pourquoi, cette année, pour nous aider à nous sentir magnifiés dans ce temps du Carême, j’ai choisi un modèle qui nous aidera concrètement. Ce modèle est un saint que vous connaissez bien et aimez bien. Un saint bien de chez nous… Je veux parler de notre cher Saint Louis!
            Pourquoi Saint Louis ? Parce que sa vie souligne comment nous pouvons nous sanctifier pendant ce Carême, et surtout comment vivre le thème de cette année : l’urgence de la mission !

Qu’est-ce que le Carême, au juste ?

               Si vous ouvrez le Missel du Barroux à la page 170, voici la définition que vous trouverez du Carême : « la préparation de tous les fidèles à Pâques ». Aussi, afin de bien nous préparer à Pâques, posons-nous deux questions essentielles : comment et pourquoi ?

  • Comment cette Pâques, ce passage de la mort à la résurrection du Christ, s’est-il effectué ?
  • Pourquoi cette Pâques ? Pourquoi le Christ a-t-il voulu souffrir la Passion et ressusciter le troisième jour ?

Comment se préparer à Pâques ?

               Dans la liturgie des jours saints, il y a une ancienne phrase qui revient sans cesse et qui est très frappante, très touchante aussi : « le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort ». Voilà la réponse à notre question : le Christ a opéré sa Passion, notre rédemption, par obéissance.
            Oui, Notre Seigneur, le Verbe incarné, Dieu par nature, nous a sauvés en obéissant à son Père durant toute sa vie : « Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé ». Quelle leçon pour nous !

Le devoir d’état et Saint Louis !

               Eh bien, c’est là que Saint Louis est une aide précieuse pour vous ! Car il faut savoir que si Saint Louis a été canonisé, ce n’est pas uniquement en raison de ses nombreux miracles après sa mort, pas moins de 77, mais surtout en tant que roi ! Autrement dit, il fut canonisé essentiellement en tant que saint laïque ayant parfaitement accompli son devoir d’État… qui était de gouverner son royaume.

            C’est en cela que Saint Louis peut et doit être votre modèle, car tous, vous avez un devoir d’État à remplir… même s’il ne consiste pas à gouverner la France !
            Rappelez-vous que l’on ne se sanctifie pas malgré son devoir d’État mais dans son devoir d’État. C’est l’argument que la reine Marguerite utilisera pour convaincre son époux, Saint Louis, de ne pas entrer dans un cloître et de continuer à gouverner son royaume. Car c’était là que le Bon Dieu voulait qu’il se sanctifie… même si la vie monastique est en soi plus sainte que la vie politique.

Le devoir d’état et vous ?

               Alors, posez-vous la question en ce début de Carême : où en suis-je dans l’accomplissement de mon devoir d’État ?
Mais attention : votre devoir d’État, ce n’est pas seulement votre travail scolaire, professionnel ou ménager. Car nous avons plusieurs devoirs d’État : n’est-ce pas un état que d’être chrétien ? N’est-ce pas un état que d’être père ou mère de famille ? N’est-ce pas un état que d’être fils ou fille ? Je suis sûr que vous pourrez en trouver d’autres encore qui vous concernent personnellement.

               Vous voyez qu’il y a de quoi se sanctifier… Car il faut, pour suivre Notre Seigneur, dans son obéissance parfois héroïque : être obéissant à la volonté divine dans chacun de nos devoirs d’État !
            En bref, nous devons être des saints là où Dieu nous a placés. Des saints par notre obéissance quotidienne et généreuse à nos différents devoirs d’État.

Que faire concrètement pendant ce Carême ?

               Si vous ne vous sentez pas le courage de faire Virtus, le nouveau parcours de la Fraternité St-Pierre, je vous propose d’autres parcours moins exigeants, tels que : 

            Je vous propose aussi de nouveau, le fameux « billet de Carême » (les animateurs et les piliers en ont un spécial pour eux dans le Carnet de Formation des Animateurs). Ce billet est en quelque sorte une liste de résolutions inspirées du chapitre de la Règle de St Benoît sur le Carême, mais, rassurez-vous, il est adapté pour vous afin que vos résolutions soient applicables dans vos vies.

            Comme prière particulière : celle du Cardinal de Bérulle pour le carême. Vous avez également beaucoup de très belles prières dans le carnet de camp du Chapitre.

            Comme lecture, vous avez bien sûr le livre de l’année, si vous ne l’avez pas encore lu : « Le courage de la Foi » par l’abbé Cyril Gordien, ou bien encore un livre sur Carlo Acutis, notre saint patron pour l’année sur la mission.

            Mais voyons maintenant la deuxième question concernant le Carême :

 Pourquoi se préparer à Pâques ?

               Pourquoi le Christ a-t-il voulu souffrir sa Passion et ressusciter le troisième jour ? C’est encore cette antienne des jours Saints qui va nous donner la réponse : « le Christ s’est fait obéissant pour nous jusqu’à la mort ».
            Oui, c’est pour nous que le Christ est mort d’une façon si cruelle, et qu’Il est ressuscité si glorieusement. C’est donc pour le salut de chacune de nos âmes qu’Il a opéré sa Pâques.
            Quoi de plus important en effet que le salut des âmes ! Salut de notre propre âme, bien sûr ! Mais aussi salut des âmes de tous ceux qui nous entourent. Saint Louis l’avait parfaitement compris. C’est pourquoi, là encore, il peut être notre modèle pour ce Carême.

Le souci du salut des âmes et Saint Louis

               Saint Louis faisait partie sans aucun doute de cette cavalerie et de cette infanterie magnifiques qui se sont lancées par deux fois en Terre Sainte pour délivrer les Lieux saints !
            Lors de la première croisade, il y eut un épisode saisissant qui fit ressortir combien Saint Louis avait avant tout le souci des âmes durant ces croisades. Cet épisode est celui de l’Arbre aux perles.

            Philippe de Villiers, dans son roman sur Saint Louis, nous relate les entrevues entre Saint Louis, fait prisonnier, et l’Arbre aux perles. L’Arbre aux perles est la sultane d’Égypte, une femme superbe, sublime, qui est une ancienne esclave arménienne. Très impressionnée par la sagesse, la prestance et la sainteté de Saint Louis, elle vient tout simplement lui proposer d’être le sultan d’Égypte… Cherchant à toucher le cœur de ce roi très chrétien, elle lui tient un discours œcuménique avant l’heure : « nous avons un Dieu unique, la naissance virginale du Christ, la vénération pour la Vierge…» etc.
Mais Saint Louis va à l’essentiel : « Qui est Jésus-Christ pour vous ? » Et elle de répondre : « un prophète ».

« Voilà le problème, voilà le point essentiel qui fera que l’islam ne sera jamais concevable avec le christianisme, car Notre Seigneur n’est pas un prophète, mais le Fils de Dieu, le Verbe incarné ». C’est ce que Saint Louis lui affirme très clairement !

            Assurément, ce dialogue est passionnant et complètement d’actualité. Mais ce qui est également fort intéressant, et c’est là où je voulais en venir, c’est le tout début de l’entretien : l’Arbre aux perles, le voyant triste — il était son prisonnier, ne l’oublions pas — lui demanda la raison de sa tristesse.


            Saint Louis lui fit alors cette réponse : « Oui, je le suis ; je n’ai pas obtenu ce que je désirais le plus, la chose pour laquelle j’avais choisi de quitter mon royaume et ma chère mère qui criait après moi ; ce pourquoi je m’étais exposé à tous les périls de la mer et de la guerre. »
« Et donc, Sire le Roi, qu’était cette chose que vous désiriez ? » demanda l’Arbre aux perles.
« Votre âme, Madame, ainsi que celle de votre peuple. »

            Voilà ce qui tenait le plus au cœur de Saint Louis : le salut des âmes, et en l’occurrence celles des Mahométans !

Le souci du salut des âmes et vous ?

               Et vous, avez-vous le souci des âmes ? Avez-vous vraiment le souci du salut des personnes ? Est-ce que, concrètement, vous travaillez à cela ? Non pas quand cela vous chante et ne vous dérange pas, mais comme une priorité ?
            Est-ce que vous avez le courage de parler de Dieu, de la Vierge, des anges, des saints, de l’Église, à ceux qui vous entourent : aux personnes de votre famille, à vos amis, à vos voisins, à vos collègues de travail, à vos camarades de classe, à vos partenaires de tennis ou de bridge… J’en passe et des meilleurs, certainement !
            Est-ce que vous avez simplement le courage de dire que vous êtes catholiques ? Est-ce que vous avez au moins le souci de vous comporter en chrétiens dans vos différentes activités afin de n’être pas un contre‑témoignage ?

Le secret de Saint Louis pour conquérir les âmes.

               Saint Louis avait bel et bien le souci des âmes : il n’a pas hésité à payer de sa personne pour leur salut, et d’ailleurs, sans lui, nous serions bien mal aujourd’hui…

       Voilà donc comment Saint Louis peut être notre modèle en ce Carême et nous préparer à Pâques ! Par une humble et généreuse obéissance à notre devoir d’État, et par un souci véritable du salut des âmes !
       Mais Saint Louis nous enseigne également comment nous pouvons réaliser ce programme. Il le laissera à son fils Philippe en lui écrivant : « Beau fils, la première chose que je t’enseigne, c’est que tu mettes ton cœur à aimer Dieu, car sans cela, nul ne peut être sauvé. » Et à sa fille, il précisait : « Chère fille, la mesure par laquelle nous devons aimer Dieu, c’est de l’aimer sans mesure. »

Nos prochains rendez-vous…

      Nous vous attendons tous au prochain WE du Chapitre les 14 et 15 mars, mais aussi aux Stages de Formation des Animateurs que nous ouvrons, comme les années précédentes, à tous les membres du Chapitre !  Vous trouverez tous les renseignements voulus sur le tract ci-joint. 

       Restons bien unis par la prière, en particulier pour nos deux camps d’hiver, qui ont lieu actuellement.

       Soyez sûrs de la mienne lors de ma messe quotidienne, pour vous-mêmes, vos équipes, vos familles, et pour toutes vos intentions, qui me sont également bien chères !

                                                                                                                 Votre Fr. François de Sales O.S.B.

                                                                                                                                         +

P.S. : FONDATION À BELLEFONTAINE  

J’en profite pour vous annoncer que, suite au projet de notre fondation à Bellefontaine, je quitte l’Hôtellerie interne (après 30 ans à ce poste…) pour reprendre l’hôtellerie extérieure, Saint-Joseph.

De ce fait, je ne suis plus joignable sur le numéro de téléphone directe de l’Hôtellerie interne mais sur le numéro de portable de l’hôtellerie externe… ou bien au 04 90 62 56 31 (Porterie).