Beaucoup de catholiques consacrent plus ou moins de temps à la prière, mais rares sont ceux qui vont jusqu'à faire oraison. Cela explique en partie pourquoi ils ont tant de mal à garder leur âme tournée vers Dieu au cours de leurs journées. Car l'oraison est véritablement un rendez-vous avec Notre-Seigneur qui illuminera toute votre journée et entretiendra la flamme de votre vie intérieure.

Dom Romain Banquet, fondateur de l'Abbaye d'En Calcat, disait :

« Dieu attend l'oraison comme le rendez-vous le plus intime de notre âme avec Lui ; Il nous attend dans l'oraison. Il demande de nous l'oraison, Il en a besoin. Et nous le tenons en échec lorsque nous ne la lui donnons pas, cette oraison qu'Il a le droit de nous demander et que nous avons besoin, nous aussi, de faire avec soin et assiduité... Quand on se prive de l'oraison, du même coup on se prive de la vie intérieure.

Ces lignes à elles seules suffisent à montrer l'importance de l'oraison quotidienne. Si donc vous voulez entrer dans l'intimité de Dieu, écouter ce qu'Il veut vous dire au fond du cœur et vivre en sa présence au cours de vos journées, vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Le Père de Foucauld, ermite à Tamanrasset, se mettait à genoux avant l'aube et ouvrait son Evangile en disant : « Seigneur, qu'avez-vous à me dire ? » Puis il lisait lentement le passage marqué la veille. Il s'arrêtait, fermait son Evangile : « Et moi, maintenant, Seigneur, que vous dirai-je ? » Ce doux colloque avec le Maître, c'était toute sa méthode d'oraison, fidèle en cela à la tradition simple et savoureuse des anciens moines. C'est cette tradition monastique que nous allons voir plus en détail.


Se mettre en présence de Dieu

"Seigneur, vous êtes là !"

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus disait qu'au début de nos prières, il fallait tout de suite se mettre en présence de Dieu par un vigoureux acte de foi : « Seigneur, vous êtes là ! ». De cette prise de conscience que la Sainte Trinité elle-même habite dans notre âme et qu'elle nous écoute, dépendra en bonne partie la qualité de notre oraison.

Cette mise en présence de Dieu doit être courte mais faite avec ardeur et amour, ainsi toutes les pensées inutiles et les préoccupations se verront chassées du même coup. Pour cela, vous pouvez toujours vous aider des différentes « mises en présence de Dieu » qui se trouvent dans les missels ou dans les livres de prière.

Avant de vous mettre en oraison, invoquez le Saint-Esprit afin qu'Il vienne vous aider. « L'Esprit vient au secours de notre faiblesse car nous ne savons pas prier. » (Rom VIII, 26). C'est bien le Saint-Esprit qui est l'acteur principal dans notre oraison, il ne faut pas l'oublier, c'est pourquoi saint Paul disait que « l'Esprit-Saint prie en nous avec des gémissements inénarrables » (Rom VIII, 26). Là encore, vous trouverez pour vous aider des prières au Saint-Esprit déjà composées, à moins que le Saint-Esprit lui-même ne vous en inspire une plus personnelle.

 

"Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi "

"Je me tiens à la porte…". Je l'ai vu venir. Il marchait rapidement. Je savais, ou plutôt je sentais, qu'il venait vers ma maison, et je me suis retiré en hâte de la fenêtre, pour qu'il ne m'aperçût pas. Car je n'étais pas sur que je lui ouvrirais. Ses visites produisent sur moi une impression double, contradictoire. Nous nous connaissons depuis longtemps. Il y eut des temps ou nous étions intimes. Puis, nos rapports se sont espacés. D'une part je me sentais honoré et heureux de le recevoir chez moi. D'autre part, je me sentais souvent gêné. Il me posait des questions personnelles assez abruptes qui agissaient sur moi comme des brûlures. Je tâchais de détourner la conversation sur le domaine des idées et des doctrines. Mais toujours il la ramenait vers des choses intimes dont je craignais de parler. Plusieurs fois il est venu, et au lieu d'ouvrir, je me suis caché, non sans honte, non sans remords.

Voici que maintenant il est arrivé à ma porte. Non pas à la porte principale de ma maison. Il se tient en ce moment devant une porte de derrière, plus petite. Au début de notre intimité, quand je ne voulais pas avoir de secret pour lui, je l'avais prié de venir toujours par cette porte de derrière, laissant la grande porte aux étrangers, aux visites de cérémonie. Puis, je me suis mis à éprouver un malaise devant l'usage qu'il faisait de cette porte réservée. Entrant par derrière, il était à même de voir ou même de traverser des pièces familières mal tenues. Il semblait prendre un intérêt à ma salle à manger, à ma cuisine, à ma chambre à coucher. Le désordre et la poussière ne lui échappaient pas. Il y fit même des allusions à la fois discrètes et directes. Je répondis évasivement "oh c'est si difficile, je n'y arrive pas". Il me dit alors, "et si nous essayions ensemble, tous les deux ?". Mais j'avais peur. Je craignais qu'il découvrît à quel point certaines choses n'étaient pas ce qu'elles devaient être. J'ajournais, je prétextais des occupations des occupations urgentes. Afin de couper court, je condamnais la porte de derrière. Je le fis entrer par la porte de façade. Je le reçus au salon. Ses visites devinrent, de mon fait, de plus en plus froides et formelles et de plus en plus rares.

Dieu seul peut donner la Foi,
Mais tu peux donner ton témoignage.

Dieu seul peut infuser l'Espérance,
Mais tu peux rendre la confiance à tes frères.

Dieu seul peut donner l'Amour,
Mais tu peux apprendre aux autres à aimer.

Dieu seul peut donner la Paix,
Mais tu peux semer l'union.

Dieu seul peut donner la Force,
Mais tu peux soutenir les découragés.

Dieu seul est le Chemin,
Mais tu peux l'indiquer aux autres.

Dieu seul est la Lumière,
Mais tu peux la faire briller aux yeux des autres.

Dieu seul est la Vie,
Mais tu peux rendre aux autres le désir de vivre.

Dieu seul peut faire ce qui paraît impossible,
Mais tu peux faire le possible.

 

Dieu seul se suffit à lui-même
Mais Il préfère compter sur toi !

C'est le grand bien de nos âmes d'être à Dieu et leur très grand bien de n'être qu'à Dieu.

A qui Dieu est tout, le monde n'est rien. L'âme la plus abandonnée à Dieu est la mieux gardée.

La Foi est un rayon du Ciel, qui nous fait voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu.

Quand le cœur est au Ciel, il ne peut être troublé des accidents de la terre. La distance du Ciel à la terre ne saurait séparer les cœurs, que Dieu a unis.

Employons bien le temps de Dieu, afin qu'il nous donne son Éternité.

Donnez-vous à Jésus sans partage et Il se donnera à vous sans mesure.

Il faut nous aimer ici bas sur la terre comme nous nous aimerons un jour dans le Ciel.

Faisons comme les abeilles, suçons le miel de toutes les fleurs, c'est-à dire : voyant les belles qualités de chacun excitons en nous le désir de les imiter.

 

Marie est cette belle Fleur, sur laquelle s'est reposé le Souffle de Dieu-même.

Un chemin tout simple :

Tout de même !

Les gens sont déraisonnables, illogiques et égocentriques.

Aimez-les tout de même !

Si vous faites le bien, les gens vous prêtent
des motifs égoïstes ou calculateurs.

Faites le bien tout de même !

Si vous réussissez, vous gagnerez de faux amis et de vrais ennemis

Réussissez tout de même !

Le bien que vous faites sera oublié demain

Faites le bien tout de même !

L’honnêteté et la franchise vous rendent vulnérable

Soyez honnête et franc tout de même !

Ce que vous avez mis des années à construire peut être détruit
du jour au lendemain

Construisez tout de même !

Les pauvres ont vraiment besoin de votre secours
mais certains peuvent vous attaquer si vous les aidez

Aidez-les tout de même !

Si vous donnez au monde le meilleur de vous-même
vous risquez d’y laisser des plumes

Donnez ce que vous avez de mieux tout de même !

La messe est une sorte d'union sacrée entre Jésus et moi. Quoique bien indignement, je souffre tout ce qu'il a souffert, lui qui a daigné m'associer au ministère de sa rédemption.

 

Lorsque tu participes à la messe, ravive ta foi et médite sur la Victime qui s'immole pour toi... Ne repars jamais de l'autel sans verser des larmes de contrition et d'amour envers Jésus-Christ, car c'est pour ton salut éternel qu'il a été crucifié.

 

Pourquoi le Mal dans le Monde ?

Ecoute-moi bien : imaginons une mère en train de broder. Son petit enfant assis sur un tabouret bas, la regarde travailler ; mais par dessous, à l'envers. Il voit les nœuds de la broderie, l'enchevêtrement des fils… Et il dit : « Maman, qu'est-ce que tu fais ? Ton travail est tout embrouillé ! » Alors sa mère abaisse le tissus et lui montre le bon côté de la broderie. Chaque couleur est à sa place et la variété des fils se fond dans l'harmonie du dessin. Nous, nous voyons l'envers de la broderie. Nous sommes assis sur le petit tabouret.

 

Ne vous faites pas de souci pour le temps que vous me prenez ; en effet, la meilleure façon de passer son temps, c'est de le consacrer à la sanctification d'autrui ; et je ne peux que remercier le Père de me faire rencontrer des âmes que je peux aider d'une façon ou d'une autre.

 

Aimez la simplicité et l'humilité ; pratiquez ces vertus et ne vous préoccupez pas des jugements de ce monde. Car si le monde n'avait rien à redire contre nous, c'est que nous ne serions pas d'authentiques serviteurs de Dieu. Sois toujours fidèle à Dieu et aux promesses que tu lui as faites, sans te soucier des railleries des sots. Sache que les saints se sont toujours moqués du monde et de toute mondanité.

Un règlement de la Marine décrétait autrefois que « la seule faute impardonnable d'un chef est l'inaction ».

 

Il est remarquable de trouver la même pensée, mais infiniment valorisée par la pensée divine, sous la plume d'une pure contemplative, Mère Anne de Jésus, fondatrice du Carmel en France, qui écrivait en 1604 : « L'amour ne souffre point de l'oisiveté... »

Le combat entre le Christ et les Pharisiens est grave parce que ce sont deux religions qui s'affrontent, et qu'il n'y a pas de pardon pour le vaincu. Il n'y a pas de pardon pour le Christ : les pharisiens ont reconnu que c'était un grand homme, peut-être même un prophète, mais ils n'ont pas pu accepter sa doctrine. Et celui qui condamne la pensée de Dieu finit par condamner Dieu lui-même. Quand la pensée de Dieu se présente trop nettement, et que cette pensée condamne ses œuvres et sa propre pensée, alors, mis au pied du mur, il est acculé à condamner Dieu pour ne pas céder : c'est le péché contre le Saint-Esprit.

 

N'ayons pas peur des autres, du monde, de la vie – ayons peur de nous. Pas de ce qui nous fait peur généralement – notre faiblesse, nos fautes, nos chutes (ce n'est pas redoutable, c'est la nature humaine) : ce qu'il faut redouter, c'est ce que Jésus reproche aux Apôtres après la Résurrection : « Vous avez le cœur dur, pourquoi ? Vous ne croyez pas que je suis ressuscité. Vous ne le croyez pas parce que c'est trop beau : là est votre faute ». Demandons de ne pas nous entêter trop longtemps.

 

(Le courage d'avoir peur)

Jeunes de tous les continents, n'ayez pas peur d'être les saints du nouveau millénaire ! Soyez des contemplatifs et des amoureux de la prière, en harmonie avec votre foi et généreux dans le service de vos frères, soyez des membres actifs de l'Eglise et des artisans de paix ! Pour réaliser ce projet de vie qui nécessite des efforts, restez à l'écoute de sa parole, prenez des forces dans les sacrements, spécialement dans l'Eucharistie et dans la Pénitence.

 

Le Seigneur veut que vous soyez des apôtres intrépides de son Evangile et des bâtisseurs d'une nouvelle humanité. En effet, comment pourriez-vous affirmer que vous croyez en Dieu fait homme si vous ne prenez pas position contre ce qui avilit la personne humaine et la famille ?                                 (Aux Jeunes à l'occasion des XVe JMJ)

 

Le pèlerinage ramène à la condition de l'homme qui aime décrire sa propre existence comme un cheminement. La Sainte Ecriture, pour sa part, atteste à maintes reprises la valeur du fait de se mettre en route pour arriver aux lieux saints ; c'est une tradition que l'Israélite se rende en pèlerinage à la ville où était conservée l'arche de l'alliance, ou qu'il visite le sanctuaire de Béthel (cf Jg XX, 18). En se soumettant volontairement à la Loi, Jésus, lui aussi, avec Marie et Joseph; se fait pèlerin vers la ville sainte de Jérusalem (cf Lc II, 41). L'histoire de l'Eglise est le journal vivant d'un pèlerinage jamais terminé. En route vers les villes des Saints, vers la Terre sainte ou vers les sanctuaires : tel est le but d'innombrables fidèles qui alimentent ainsi leur piété.

 

Le pèlerinage évoque le cheminement personnel du croyant sur les pas du Rédempteur : c'est un exercice d'ascèse salutaire, de repentance pour les faiblesses humaines, de vigilance constante sur sa propre fragilité, de préparation intérieure à la réforme du cœur.

(Le mystère de l'Incarnation, Bulle pour le grand jubilé de l'an 2000)

J'ai trouvé mon idéal. Je sais où je veux, où je puis, où je dois arriver. Autrefois je marchais sans connaître le but et la peine de la route me fatiguait et me décourageait : maintenant je sais, et plus rien ne m'arrêtera. « J'ai trouvé celui qui aime mon âme, je l'ai saisi, je ne le quitterai plus » (Ct III, 4). Je ne craindrai plus les difficultés : «Je peux tout en Celui qui me fortifie » (Ph IV, 13).

 

Si donc je suis décidé à poursuivre maintenant cet idéal, je suis obligé, dans tous mes actes, d'avouer, d'une part que je ne suis rien et que je ne puis rien par moi-même; d'autre part que Dieu est tout, qu'Il peut tout, et veut faire tout pour moi, afin que je Lui fasse le don total de mon être.

 

(Amour et silence)

La chasteté vous rendra vigoureux, prompt, alerte, pénétrant, clair comme un coup de trompette et tout splendide comme le soleil du matin. La vie vous paraîtra pleine de saveur et de sérieux ; le monde, de sens et de beauté. A mesure que vous avancerez, les choses vous paraîtront plus faciles, les obstacles qui étaient formidables, vous feront sourire...

 

Vous vous priverez de quelques plaisirs avilissants et qui ne mènent à rien, mais vous connaîtrez le fer et l'acier, les joies salubres, martiales, athlétiques de la victoire sur soi-même. Vous ferez le bien, vous serez dans le monde comme quelqu'un d'accepté et d'utile, vous connaîtrez l'ineffable joie d'une bonne conscience, la sécurité d'un fils qui est avec son père, vous serez en paix avec toutes les choses qui existent...

 

(Lettres à Jacques Rivière)

Ceux qui essaieront de réaliser le don de soi dans sa vérité se détacheront du souci de la réussite, parce que ce n'est pas à nous qu'il appartient de mesurer ces choses et que, sur le plan où nous sommes, les mots « échec » et « réussite » n'ont pas de sens.

 

Ne jouez pas les sceptiques et les beaux esprits, cela est à la portée du premier imbécile venu. Croyez que quelque chose de grand peut se passer entre Dieu et vous, pour peu que vous le demandiez et que vous n'ayez pas peur du feu de la Pentecôte. Seulement il faut donner au feu quelque chose à dévorer, à vous de lui apporter l'aliment pour qu'il prenne. La Vérité prend comme le feu, mais elle ne prend que sur un cœur qui la désire.

Beaucoup de choses ensuite seront changées en vous et par vous.

(Lettres aux capitaines)

L'amour de la vérité sans la charité envers le prochain dégénère en zèle amer, qui gourmande les autres à tort et à travers, au lieu de se corriger lui-même... Mais d'autre part, la charité envers le prochain sans l'amour de la vérité, surtout de la vérité divine révélée, dégénère en un libéralisme inconsistant qui se prend pour de la générosité et qui glisse vers l'indifférentisme.

 

 

Chez les saints, on trouve, à la fois, l'amour de la vérité et la charité envers Dieu et le prochain, dans leur zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes : zèle qui n'est jamais amer et charité qui ne dégénère jamais en indifférentisme et libéralisme, mais qui reste fidèle à la vérité révélée, s'il le faut, jusqu'au martyre.

Dieu est toujours celui qui dérange.

 

Il n'en a jamais fini d'avoir ses idées à Lui. On n'est jamais tranquille avec le Saint-Esprit. Soyez prêts ! A quoi ? A tout. Et plus probablement à ce que vous ne pensez pas. 

On ne peut chercher Dieu que là où il est ! Or le Seigneur n'est pas dans le bruit et l'agitation. Dieu n'habite que dans le silence. Saint Jean de la Croix nous le dit : « Le parler que Dieu entend le mieux n'est que silence d'amour ». On peut donc dire que, si l'amour est la loi de Dieu, le silence est son atmosphère.

 

Quand Dieu agit à l'extérieur, Il n'opère que dans le silence. Il a créé le monde dans la nuit du néant. Notre Seigneur s'incarne dans la maison silencieuse et cachée de Nazareth. Il naît dans le silence de la nuit de Noël...

 

De même, pour pouvoir agir sur les âmes, Dieu leur impose pour ainsi dire cette loi du silence. Notre Seigneur, même après ses trente années de vie silencieuse, s'est retiré pendant quarante jours au désert, avant sa vie publique. Plus tard, Il a imposé à ses apôtres la retraite du Cénacle avant l'effusion du Saint-Esprit.

 

(Sous le regard de Dieu)

La communion fait à l'âme comme un coup de soufflet à un feu qui commence à s'éteindre, mais où il y a encore beaucoup des braises : on souffle et le foyer se rallume. Au moment de communier, dites à Jésus : « Jésus, je viens à Vous, parce que je suis faible, parce que je suis misérable, parce que je suis pêcheur. Je viens à Vous parce que j'ai tellement besoin de Vous ! » Quelle belle préparation à la communion !

 

C'est encore un apanage des faibles et des misérables de pouvoir faire, avec encore plus de ferveur, cette prière : « J'ai besoin de Vous, et je suis heureux d'avoir tellement besoin de Votre miséricorde ». Une prière qui va comme une flèche au fond, jusqu'au fond de Son cœur infiniment miséricordieux.

(Croire à l'amour)

Au soir d'une journée, comme au soir de la vie, toutes nos fautes commises, toutes nos offenses au Dieu d'amour remontent du cœur à l'esprit. Oh ! Que ni la nuit ni la mort ne nous trouvent sans repentir ! Que la mort surtout, m'arrachant le corps, trouve mon esprit dans vos mains, Seigneur ! Nous ne savons ce que nous faisons quand nous péchons. Nous savons que nous faisons mal... mais nous ne savons pas le fond de ce mal... quelle grandeur il ravage en nous... et surtout qu'il attaque une Personne infinie qui m'aime d'un amour infini et qui vient me demander mon amour, mon pauvre amour...

 

 

Mon Dieu, pardonnez-moi et donnez-moi de mieux pardonner, afin que vous puissiez mieux me pardonner. Pour vivre j'ai besoin du pardon de Dieu, plus encore de son pardon que de son pain naturel. C'est quelque chose de très mystérieux, de très profond, ce besoin de pardon qu'aura l'homme.

Que diriez-vous d'un homme qui travaillerait le champ du voisin et laisserait le sien sans culture ? Eh bien ! Voilà ce que vous faites. Vous fouillez continuellement dans la conscience des autres, et vous laissez la vôtre en friche.

 

Oh ! Quand la mort arrivera, quel regret nous aurons d'avoir tant songé aux autres et si peu à nous ! Car c'est de nous et non des autres qu'il faudra rendre compte... Pensons à nous, à notre conscience, que nous devrions toujours regarder, comme nous regardons nos mains pour savoir-si elles sont propres.

 

Quand on va se confesser, il faut comprendre ce qu'on va faire. On peut dire qu'on va déclouer notre Seigneur. Quand vous avez fait une bonne confession, vous avez enchaîné le démon. Les péchés que nous cachons, reparaîtront tous. Pour bien cacher ses péchés, il faut bien les confesser.

 

Le Bon Dieu aura plus tôt pardonné à un pécheur repentant qu'une mère n'aura retiré son enfant du feu. « J'ai trop fait de mal, le Bon Dieu ne peut me pardonner ». Parler ainsi, c'est un gros blasphème. C'est mettre une borne à la Miséricorde de Dieu, et elle n'en a point : elle est infinie.

 

 

Celui qui souffre avec impatience perd le Ciel, celui qui souffre avec patience -gagne le Ciel, celui qui souffre avec joie est assuré du Ciel.

La Vierge, rayonnant sur toute la terre, réchauffe les âmes plutôt que les corps, favorise la croissance des vertus et consomme les vices. Qui que vous soyez, si vous comprenez que votre vie, plutôt qu'un voyage en terre ferme, est une navigation parmi les tempêtes et les tornades sur les flots mouvants du temps, ne quittez pas des yeux la lumière de cette étoile, afin d'éviter le naufrage. Lorsque vous assaillent les vents des tentations, lorsque que vous voyez paraître les écueils du malheur, regardez l'étoile, invoquez Marie ; si vous êtes ballottés sur les vagues de l'orgueil, de l'ambition, de la calomnie, de la jalousie, regardez l'étoile, invoquez Marie. Si la colère, l'avance, les séductions chamelles viennent secouer la légère embarcation de votre âme, levez les yeux vers Marie. Si, troublés par l'atrocité de vos crimes, honteux des souillures de votre conscience, épouvantés par la menace du jugement, vous commencez à vous engloutir dans le gouffre de la tristesse et l'abîme du désespoir, pensez à Marie.

 

Que son nom ne quitte pas vos lèvres, ni vos cœurs. Et pour obtenir son intercession, ne vous détournez pas de son exemple. En pensant à elle vous éviterez toute erreur. Si elle vous protège, vous n'aurez rien à craindre ; sous sa conduite vous ignorerez la fatigue ; grâce à sa faveur vous atteindrez le but.

 

(Louanges de la Vierge Marie)

On est émerveillé du cadre grandiose dans lequel se déroule le mystère de la messe : le monde entier se trouve mêlé à ce mystère qui perpétue vraiment au milieu de nous « toute l'œuvre de la Rédemption » et toute l'histoire de notre salut. A l'heure de la messe, il faut voir grand et approcher de l'autel avec une âme vraiment catholique aussi vaste que le monde.

Le salut d'une seule âme est solidaire de la Rédemption           du monde. Notre place est dans le Christ, à l'intérieur d'un être vivant, vaste comme l'immensité du plan de Dieu, qui nous relie à tous les hommes, à tous les anges, et par le Christ, à la Trinité. L'Eucharistie est le sacrement de l'unité de l'Eglise, le moyen par excellence d'unir les hommes aux Personnes de la Trinité et de réaliser à travers toutes les races et les civilisations l'unité de la Chrétienté.

(Les sacrements dans la Vie chrétienne)

Pensez toujours à vous-même, et ne censurez point les actions d'autrui. En jugeant les autres, l'homme se fatigue vainement ; il se trompe souvent et tombe en beaucoup de fautes : au contraire, en s'examinant lui-même, il s'occupe d'une manière utile et fructueuse. Nous jugeons des choses selon la disposition de notre cœur : l'amour-propre nous éblouit et nous empêche de bien juger. Si Dieu était l'objet de tous nos désirs, nous ne nous troublerions pas comme nous le faisons à la moindre résistance.

 

Mais il y a souvent au dedans de nous ou au dehors, quelque attache secrète, ou quelque inclination vicieuse qui nous aveugle. Plusieurs, sans s'en apercevoir, arrivent à se rechercher eux-mêmes dans tout ce qu'il faut. Ils paraissent tranquilles quand les choses réussissent selon leurs souhaits ; mais ils font paraître du chagrin et de la tristesse, quand quelque chose les contrarie. La diversité des sentiments cause pour l'ordinaire de grands dissentiments entre les amis et les concitoyens, et même entre les religieux et les personnes pieuses.

MA VIE N'EST QU'UN INSTANT...

 

Ma vie n'est qu'un instant, une heure passagère

 

Ma vie n'est qu'un seul jour qui m'échappe et qui fuit 

Tu le sais, O mon Dieu ! pour t'aimer sur la terre Je n'ai rien qu'aujourd'hui !...

 

Oh ! je t'aime, Jésus ! vers toi mon âme aspire
Pour un jour seulement reste mon doux appui
Viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire
Rien que pour aujourd'hui !

 

Que m'importe, Seigneur, si l'avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !...
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd'hui.

 

 

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AUX JEUNES

lors de son Voyage apostolique en France

à l'occasion du 150ème anniversaire

des Apparitions de Lourdes

Parvis de Notre-Dame, Paris
Vendredi 12 septembre
2008

 

Chers jeunes,

Après le recueillement priant des Vêpres à Notre-Dame, c'est avec enthousiasme que vous me saluez ce soir, donnant ainsi un caractère festif et très sympathique à cette rencontre. Elle me rappelle celle inoubliable de juillet dernier à Sydney, à laquelle certains d'entre vous ont participé à l'occasion de la Journée Mondiale de la Jeunesse. Ce soir, je voudrais vous parler de deux points profondément liés l'un à l'autre, qui constituent un véritable trésor où vous pourrez mettre votre cœur (cf. Mt 6, 21).

Cette lettre d'André Charlier mérite d'être lue deux fois. Une première fois pour son contenu et son opportunité actuelle. Un fois seconde fois en ayant sa date présente à l'esprit : c'est le 22 octobre 1954 qu 'il l'écrivit, quand il était directeur du Collège de Normandie à Clères.

 

Chers Amis,

 

J'ai écrit il y a plusieurs années des Lettres aux Parents, et j'ai cessé de le faire, parce qu'en somme je n'y voyais pas d'utilité. Elles ne persuadaient guère que des gens qui étaient déjà persuadés d'avance. Beaucoup m'écrivaient : « Comme vous avez raison ! », sans aller plus loin que cette approbation toute platonique. Alors j'ai trop peu de temps à moi pour écrire des choses inutiles. Si je vous écris encore une fois aujourd'hui, c'est qu'une nécessité impérieuse m'y pousse. Il faut tout de même qu'un homme auquel vous confiez l'éducation de vos fils vous dise ce qu'il pense de la jeunesse de France qui monte. Votre responsabilité morale est engagée comme la mienne et il faut que vous soyez mis en face de la réalité. Le tableau que j'ai à vous faire est une vue générale dont les éléments ne sont pas empruntés seulement à ce que j'ai constaté dans l'École. De ce que j'ai à vous dire, chacun de vous prendra ce qu'il voudra ou ce qu'il pourra.

Moi, ton Dieu , je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme, la faiblesse et les infirmités de ton corps. Je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances. Je te dis quand même : « Donne-moi ton cœur, aime-moi comme tu es. » Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu n’aimeras jamais !

Même si tu retombes souvent dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas m’aimer.

Aime-moi comme tu es. A chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la détresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité.

Aime-moi, tel que tu es. Je veux l’amour de ton cœur indigent. Si pour m’aimer tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais.

Mon enfant, laisse-moi t’aimer. Je veux ton cœur. Je compte bien te former, mais, en attendant, je t’aime comme tu es. Et je souhaite que tu fasses de même. Je désire voir, du fond de ta misère, monter l’amour. J’aime en toi jusqu’à ta faiblesse. J’aime l’amour des pauvres. Je veux que, de l’indigence, s’élève continuellement ce cri : Seigneur, je vous aime. C’est le chant de ton cœur qui m’importe. Qu’ais-je besoin de ta science ou de tes talents ? Ce ne sont pas des vertus que je te demande, et si je t’en donnais, tu es si faible que bientôt l’amour-propre s’en mêlerait. Ne t’inquiète pas de cela.

J’aurais pu te destiner à de grandes choses. Non, tu seras le serviteur inutile ; je te prendrai même le peu que tu as, car je t’ai créé pour l’amour.

Aujourd’hui je me tiens à la porte de ton cœur comme un mendiant, moi le Seigneur des seigneurs.

Dieu

Semés en terre



Ce que l'âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L'âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L'âme habite dans le corps et pourtant elle n'est pas du corps, comme les chrétiens habitent dans le monde mais ne sont pas du monde (Jn 17,16). Invisible, l'âme est retenue prisonnière dans un corps visible. Ainsi les chrétiens ; on voit bien qu'ils sont dans le monde, mais le culte qu'ils rendent à Dieu demeure invisible. La chair déteste l'âme et lui fait la guerre, sans en avoir reçu de tort, parce qu'elle l'empêche de jouir des plaisirs ; de même, le monde déteste les chrétiens qui ne lui font aucun tort, parce qu'ils s'opposent à ses plaisirs. L'âme aime cette chair qui la déteste, et ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les détestent.

L'âme est enfermée dans le corps ; c'est elle pourtant qui maintient le corps. Les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde ; ce sont eux pourtant qui maintiennent le monde. Immortelle, l'âme habite une tente mortelle ; ainsi les chrétiens campent dans le corruptible, en attendant l'incorruptibilité céleste (1Co 15,50)... Si noble est le poste que Dieu leur a assigné, qu'il ne leur est pas permis de déserter.

Lettre à Diognète (vers 200)

La famille ne se détruit, pas, elle se transforme.
Une part d’elle va dans l’invisible.

 

On croit que la mort est une absence, quand elle est une présence secrète.
On croit qu’elle crée une infinie distance, alors qu’elle supprime la distance en ramenant à l’esprit ce qui était dans la chair.

 

Plus il y a d’êtres qui ont quitté le foyer, plus les survivants ont d’attaches célestes.
Le ciel n’est plus alors uniquement peuplé d’anges, de saints inconnus et du Dieu mystérieux : il devient familier.

 

C’est la maison de famille, la maison en son étage supérieur, si je puis dire, et du bas en haut, le souvenir, les secours, les appels se répondent.

N'oublie pas ma présence dans l'Hostie. Le temps que tu passes à exposer ton âme aux radiations divines de l'Hostie t'est plus avantageux que des travaux poursuivis en dehors de moi. C'est par le dedans que je conduis le monde, à travers les âmes fidèles à m'écouter et à me répondre.
Elles me donnent une grande joie, mais elles sont trop peu nombreuses. Comme ta vie serait plus simple et plus féconde si tu me donnais toute la place que je souhaite occuper dans ton esprit et dans ton coeur !
D'abord, rends-toi compte que tu n'es rien et que tu ne peux rien par toi-même, afin d'augmenter l'intimité de ma présence en toi. Il te faut humblement me le demander en avec Notre-Dame.
Puis, unis-toi à moi. Plonge en moi avec confiance et laisse-moi agir à travers toi. Désire-moi. Je viendrai en toi. Je grandirai en toi. J'exercerai en toi mon emprise dans la mesure de ton désir. Désire-moi. Pourquoi vouloir autre chose que vivre en symbiose avec moi ? Combien futiles et dispersants tous les désirs qui ne convergent pas vers moi !

« Un seul regard du bon Dieu suffit

pour nous mettre en grâce avec lui,

mais ce regard, il faut le mériter

par une volonté ferme de tout bien faire !

Avec la grâce de Dieu

qui ne nous est jamais refusée,

nous pouvons triompher»

Saint Curé d'Ars

Maximes et Avis spirituels
de l’admirable docteur mystique
saint Jean de la Croix
pour conduire les âmes dans les voies de Dieu jusqu’à l’ du parfait amour


1. Nul ne peut avancer dans la vertu qu’en suivant Jésus-Christ. Il est la voie, la vérité, la vie, et la porte unique par où doit entrer quiconque prétend se sauver. Si quelque esprit aspirait donc à marcher par une voie douce et facile, craignant d’imiter Jésus-Christ, je ne saurais le tenir pour un bon esprit.

 

2. Que le premier soin de votre coeur soit d’exciter en vous un ardent et affectueux désir d’imiter Jésus-Christ en toutes vos oeuvres, vous étudiant à faire chaque chose comme le Seigneur lui-même la ferait.

 

3. S’il s’offre à vos sens quelque chose de doux et d’agréable, qui ne tende pas purement à l’honneur et à la gloire de Dieu, renoncez-y pour l’amour de Jésus-Christ, qui, durant les jours de sa vie mortelle, n’eut jamais d’autre goût ni d’autre désir que la volonté de son Père, qu’il appelait sa nourriture.

Pendant que tu te levais ce matin, je t’ai observé.
J’espérais que tu me parlerais, même pour me demander mon avis sur un sujet ou pour me remercier de quelque chose d’heureux qui te serait arrivé hier. Mais j’ai remarqué que tu étais très occupé, cherchant le vêtement adéquat pour aller travailler.
Je continuais à espérer pendant que tu courrais à travers la maison, en te préparant. J’ai cru que tu trouverais quelques minutes pour t’arrêter et me dire : “bonjour !”. Mais tu étais trop occupé.

Pour voir si, enfin, tu prendrais conscience de ma présence, j’ai allumé le ciel pour toi, le remplissant de couleurs et de doux chants d’oiseaux, mais tu ne t’es pas non plus rendu compte de cela... Je t’ai regardé pendant que tu te rendais à ton travail et j’ai attendu patiemment toute la journée. Avec tant d’activités, j’ai supposé..... que tu étais trop occupé pour me dire quelque chose.
A ton retour, j’ai vu ta fatigue, j’ai pensé t’arroser pour que l’eau enlève tout ton stress. J’ai pensé que, cela te plaisant, tu te souviendrais de moi. Cependant, furieux, tu as offensé mon nom. Je désirais tant que tu me parles, même s’il ne restait pas beaucoup de temps !
Puis tu as allumé la télévision. J’ai attendu patiemment pendant que tu regardais ton programme favori, puis tu as dîné et, à nouveau, tu as oublié de me parler. J’ai remarqué que tu étais fatigué, j’ai compris ton silence et j’ai enflammé le ciel pour ne pas te laisser dans l’obscurité. J’ai transformé cette lueur en étoile et c’était très beau, mais tu n’as rien vu.

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