Donne-leur, ô Seigneur, le jour perpétuel, un suaire de clarté,

Donne-leur, ô Seigneur, le repos de leurs jours et la paix des travaux

Obscurs: donne le prix de l’œuvre, un jour perpétuel !

Donne-leur, ô Seigneur, un suaire éternel, un linge de clarté !

 A Toi, Dieu, à Toi l’Hymne de Sion !

 En Jérusalem, à Toi nos Vœux, hymne de Sion !

 Pas à nous ! pas à nous !

Mais à Toi, à Toi seul 

Notre souffle fixé, notre dernière vie et notre souffle entier!

 A Toi notre Douleur, morte et ressuscitée!

 

Poitrine, ardente tour, ô souffle, tour de chair,

O souffle, nuit de feu sur la braise des eaux,

O souffle, nuit de chair sur la haine des eaux,

O souffle moribond sur la face des eaux,

O souffle exténué, sur tant de souffles sourds,

En Sion ressuscitée, ô souffle, tour de feu!

 

 

O souffle fraternel sur la face du feu,

O souffle rabattu sur la face des eaux,

O souffle revenu sur la gloire des eaux,

Souffle de la fraîcheur sur nos souffles ardents,

Souffle ressuscité, en Sion ressuscité!

 

Jour comme l’autre jour des fièvres de journées!

O Voile déchiré sur un jour plus clément!

O Voile déchiré sur l’unique matin!

O Voile divisé sur l’amitié des eaux!

O Voile séparé sur l’essence du feu!

 

A Toi, Dieu, à Toi, l’Hymne de Sion!

 A Toi l’Hymne de la Douleur!

Souffrance de la chair où Ton Esprit nous meut,

Où Ta Gloire se crée!

Ecoute ma prière: à Toi vient toute chair!

 

Donne-leur, ô Seigneur, le jour perpétuel,

Donne la paix de l’œuvre, le prix du sang des jours,

Le règne clair à tous, offerts en Ta Pitié, côtes lavées de fiel et bras percés de jour,

Le règne clair à tous, offerts en Ta Bonté, invisible et réel, intime et perpétuel,

Où toute chose en ressemblance pour toute chair à l’harmonie,

Toute chose restituée pour toute chair ressuscitée,

Simple en réalité, n’avoue pour vérité que sa lumière même!

 

O Dieu, Seigneur remis aux peaux rudes du lin,

O Face confiée au geste de la femme,

Remis en ton linceul aux stèles du disciple,

Sur la pierre nulle et le sol de la nuit,

Ne connais-tu aussi l’étirement des traits,

Et la face endurcie, et notre poids soudain?

 

Pitié de nous, éleison! Dieu, souviens-Toi de nous!

Nocturnes, abandonnés! (et fils de l’homme, Dieu!)