Le seul but de mon existence ici est de faire sourire Dieu.

J’ai été adoptée. Mes parents avaient 17 ans. Ma mère en était à 6 mois et demi de grossesse lorsqu’elle s’est adressée au Planning Familial, le plus grand pourvoyeur d’avortements au monde, où on lui a conseillé un avortement tardif par solution saline. On injecte une solution saline dans le ventre de la mère qui corrode l’enfant. Le bébé est expulsé dans les 24 heures qui suivent. À la surprise générale, je ne suis pas arrivée morte, mais vivante, le 6 avril 1977, dans la clinique d’avortement de l’État de Los Angeles.

La ponctualité de mon arrivée a été magnifique.

Le médecin préposé à l’avortement n’était pas encore en service. Ainsi, il n’a pas pu porter à terme son projet sur ma vie… c’est à dire, ma mort. Je sais que je parle dans un bâtiment public. J’aime votre pays, tout comme j’aime le mien, et je sais que, de nos jours, il est politiquement très incorrect de nommer Jésus-Christ dans un lieu public. De Le mettre au milieu de ce genre de réunion. Son Nom peut mettre certaines personnes très mal à l’aise ; mais je n’ai pas survécu pour mettre les gens à l’aise. J’ai survécu pour remuer un peu les eaux sales, et j’aime beaucoup le faire.

Donc, je suis née vivante, je vous l’ai dit. Après 18 heures j’aurais dû être aveugle, brûlée, morte… mais je ne le suis pas ! Cela a été une belle revanche. Le médecin a dû signer mon acte de naissance, de sorte que je connais son identité. Quiconque veut examiner mes papiers peut y lire : « née par suite d’un avortement par injection saline ». Ils n’ont pas gagné ! J’ai effectué des recherches. Je sais que celui qui a tenté de m’avorter possède la plus grande chaire de cliniques aux États-Unis, dont on tire 70 millions de dollars par an. Il y a pas mal d’années, j’ai lu une de ses interviews : « j’ai avorté plus d’un million d’enfants, je considère cela comme ma passion ». Je vous dis cela parce que nous sommes au milieu d’une bataille intéressante. Que nous le réalisions ou pas, c’est une bataille entre la vie et la mort. De quel côté êtes-vous ?

 

Une infirmière appela une ambulance, ils me conduisirent à l’hôpital, et c’est absolument un miracle. La pratique de l’époque, et cela jusqu’en 2002 dans mon pays, était de supprimer les survivants à l’avortement, par étranglement, ou étouffement, ou en les laissant mourir, ou en les jetant à la poubelle. Mais, le 5 août 2002, le président Bush a signé la loi pour la « protection des nés vivants » pour que cela ne se reproduise plus. Vous voyez, nous ne plaisantons pas, je veux dire… Je sais ce que cela veut dire avoir été haï. Lui, le Christ, a été haï. Cela ne me fait certainement pas plaisir, mais je sais que je suis déjà haïe parce que je proclame la vie. Je dis : « vous ne m’avez pas eue ». L’holocauste silencieux n’a pas gagné avec moi ! Et ma mission parmi d’autres est d’humaniser un débat que nous avons déjà rangé, mis sur les étagères, nous l’avons appelé une « question ». Nous avons renoncé aux sentiments, nous nous sommes blindés. Est-ce cela que vous voulez ? Qu’êtes-vous prêts à supporter, à risquer, pour proclamer la vérité dans l’amour et la grâce, pour agir ? Prêts, au moins, à vous faire haïr ? Ou alors le problème, c’est vous. À moins que ce soit moi ?

Et donc, ils m’ont mise dans une première maison d’accueil, où ils ont décidé que je ne leur plaisais pas. Je ne comprends pas comment on peut ne pas m’aimer à première vue… Quels gens bizarres ! J’ai été haïe dès ma conception par plein de personnes, et aimée par plein d’autres ; mais, plus que tout, aimée par Dieu. Je suis sa fille. On ne touche pas à la Fille de Dieu. Il est écrit sur mon front : « prends soin de moi, car mon Père est le patron du monde ». Ensuite, ils m’ont transférée dans une autre maison, très belle, la maison de Penny. J’avais 17 mois, un poids mort de 14 kilos, et ce que j’appelle le don de ma paralysie cérébrale, due au manque d’oxygène au cerveau pendant que je luttais pour survivre.

Maintenant, je me sens obligée de vous dire… Si l’avortement ne concerne que les droits de la femme, qu’en est-il des miens ? Aucune féministe radicale ne manifestait pour mes droits, ce jour-là. Ma vie allait être supprimée au nom des droits de la femme. Je ne souffrirais pas d’une paralysie cérébrale si je n’avais pas survécu ; et lorsque j’entends l’atroce, le dégoûtant raisonnement qu’on devrait avorter les enfants à risque de handicap, mon cœur se remplit d’horreur !

Il est des choses que nous ne pouvons apprendre que de la part des plus faibles d’entre nous. Si vous les supprimez, vous allez y perdre. Le Seigneur prendra soin d’eux ; mais vous, vous souffrirez pour toujours. Quelle arrogance ! Cela a été un thème longuement soutenu en ce bas monde : les forts doivent dominer les faibles, décider qui doit vivre ou mourir. Est-ce que vous voyez l’arrogance dans tout cela ? Même le battement de votre cœur vous est interdit ? Mais tout ce que vous croyez avoir, vous ne le possédez nullement. Et c’est la Miséricorde de Dieu qui vous maintient en vie, même lorsque vous le haïssez.

Les gens disaient à ma Penny : « Gianna ne sera jamais qu’une nulle ». C’est déjà encourageant. Elle décida de les ignorer, elle travaillait avec moi trois fois par jour. J’arrivai à soulever la tête. Pour faire court, à trois ans et demi je marchais avec un déambulateur et des bé- quilles. Maintenant, je me tiens debout, je boite un peu. Sans déambulateur et sans béquilles, parfois je tombe avec élégance, d’autres fois avec beaucoup de maladresse, ça dépend. Tout est pour la gloire de Dieu. Je suis plus faible que la plupart d’entre vous. Mais ceci est mon problème. C’est le petit prix à payer pour pouvoir éclairer le monde comme je le fais, et offrir de l’espoir. Dans notre incompréhension quant au fonctionnement du monde, il nous échappe à quel point la souffrance peut être belle. Je ne là recherche pas pour autant, mais lorsqu’elle arrive, nous oublions que Dieu en a le contrôle, qu’il est capable de rendre belles les choses les plus misérables.

J’ai rencontré ma mère biologique. Je lui ai pardonné, je suis chrétienne. C’est une femme détruite, elle est venue à l’une de mes conférences, il y a deux ans. Elle s’est levée et elle a dit : « ciao, je suis ta mère ». Ça a été un jour difficile mais j’ai fait face à la situation. Vous allez penser que je suis stupide, mais j’étais là et je pensais : « Je ne t’appartiens pas. J’appartiens au Christ. Je suis son enfant, et je suis une princesse. Quoi que tu dises dans ton amertume et ta rage, ce n’est pas mon poids. Je ne le porterai pas ». Je me disais ça dans mon for intérieur.

Maintenant, vous avez une opportunité. Je voudrais parler aux hommes dans la salle, faire quelque chose que l’on ne fait jamais : Hommes, vous êtes faits pour vous lever, et être des hommes. Vous êtes faits pour défendre les femmes et les enfants, et non pour vous défiler et tourner la tête. Quand vous savez qu’un meurtre va s’accomplir, et que vous ne faites rien… Vous n’êtes pas faits pour utiliser les femmes et puis les abandonner. Vous êtes faits pour être gentils, grands, gracieux, forts, et pour prendre position. Écoutez-moi, je suis très fatiguée de faire votre travail.

Femmes, vous n’êtes pas faites pour que l’on abuse de vous, pour rester là, et ignorer votre prix et votre valeur. Méritez que l’on se batte pour vous, toujours. C’est donc votre heure : quelle sorte de personnes allez-vous être ? Extraordinaires, je pense. Y a-t-il des gens qui, dans cette salle, seront à la hauteur des politiques, surtout les hommes ? Vous êtes faits pour la grandeur, laissez la politique, de côté. Vous êtes faits pour défendre le bien et la justice. Cette jeune femme [qui se trouve devant vous] vous dit : c’est le moment, quelle sorte d’homme veux-tu être ? Un homme obsédé par le souci de sa gloire ? Ou un homme obsédé par la gloire de Dieu ?

Je veux finir avec ceci : certains peuvent être gênés que je parle de Dieu et de Jésus, mais comment pourrais-je m’en aller boiter de par le monde, et ne pas donner tout mon cœur, mon esprit, mon âme et ma force au Christ qui m’a donné la vie ? Si vous pensez que je suis stupide, ce n’est qu’une perle de plus pour ma couronne. Le seul but de mon existence ici est défaire sourire Dieu.

J’espère avoir dit quelque chose de sensé, cela vient droit du cœur. Que Dieu vous bénisse et vous garde.

Gianna Jessen

Source : d’après la vidéo suivante :

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