La messe, c'est l'œuvre de la Rédemption qui s'accomplit et se répand. Le sacrifice de la Croix est rendu présent par la messe. Elle est la grande action du Christ qui assume tout l'agir humain du chrétien. Mémoire (c'est à dire concentré) de toutes les merveilles de Dieu, comme dit un psaume, la messe rend présente et efficace l'histoire du salut dans la vie des hommes de tous les temps et tous les lieux. Toute la vie chrétienne découle de la messe ou s'oriente vers elle. La messe prolonge l'effusion d'amour que Jésus-Christ a méritée par sa mort le vendredi saint. Assister à la messe, c'est se tenir au pied de la croix, c'est s'unir à l'offrande que Jésus-Christ, toujours vivant, fait à son Père pour nous. C'est pourquoi la messe doit être au cœur de la vie de chaque chrétien.

Non, avant d'être une simple réunion, la messe est d'abord le sacrifice offert par Jésus-Christ pour notre salut. C'est le renouvellement du sacrifice unique de la Croix, rendu présent sur nos autels. C'est un événement actuel, et pas un simple souvenir, une réalité qui touche notre temps pour le rendre contemporain du mystère de la croix. C'est un acte qui se déroule, de façon mystérieuse mais très réelle, sous nos yeux, et c'est cet événement qui nous rassemble et nous unit.

Notre Seigneur Jésus-Christ nous a dit que son Père recherche des adorateurs qui L'adorent en esprit et en vérité. Il semblerait donc vrai que la prière dans le secret du cœur soit suffisante pour acquitter les devoirs religieux de l'homme envers Dieu. Sans s'opposer ni exclure cet aspect essentiel et nécessaire, de la prière, la sainte Eglise a toujours voulu honorer Dieu d'un culte public et visible.
La foi de l'Eglise enseigne que Jésus est présent dans la messe, réellement et substantiellement présent. Cette foi découle de notre foi en la toute-puissance de Dieu. En effet, dit saint Ambroise, la parole du Christ qui a pu faire de rien ce qui n'existait pas ne pourrait donc changer les choses existantes en ce qu'elles n'étaient pas encore ? Car ce n'est pas moins de donner aux choses leur nature première que de la leur changer. La parole du Christ, qui transforme le pain en son corps, est cette même parole par qui tout a été fait. La croyance en la présence réelle dépend donc de notre croyance en Dieu créateur et maître de tout. Croyance si opposée à la mentalité moderne, que l'on conçoit la faiblesse de la foi des chrétiens en la présence réelle.

Cette obligation d'assister à la messe tous les dimanches et jours de fêtes est une obligation d'amour envers Dieu, qui se donne à nous. C'est une réponse joyeuse et non un fardeau pesant. C'est le meilleur moyen de sanctifier le jour du Seigneur, on ne peut rien lui offrir de plus grand ; c'est en outre le meilleur moyen de vivre soi-même de l'amour du Christ et d'intercéder pour les âmes. A des faucheurs cathares qui travaillaient un jour d'obligation, saint Dominique cria : Ne gaspillez pas le sang du Rédempteur ! Et, aussitôt, de chaque gerbe se mit à couler du sang. Les faucheurs allèrent trouver Dominique et se convertirent à la vraie foi. Nous voudrions crier aux hommes d'aujourd'hui, qui s'estiment autosuffisants et pouvant se passer de la messe : Ne gaspillez pas le sang du Rédempteur ! Un fait analogue eut lieu à l'Osier en Dauphiné sous Louis XIV : un huguenot voulut tailler son arbre le jour de l'annonciation (25 Mars), fête chômée alors. Notre Dame lui apparut pour le réprimander et l'engager à se convertir avant sa mort qui ne tarda pas.

Il ne s'agit pas, bien sûr, d'en rester à une forme de messe du XVIe siècle. Dans sa substance, ce rite est beaucoup plus ancien. Un siècle avant, le premier missel imprimé (pour l'usage de la curie romaine) avait paru avec l'invention de l'imprimerie, en 1474.
De nombreuses éditions lui ont succédé depuis après celle de saint Pie V, en 1570, comportant à chaque fois de légères mises à jour (preuve que la liturgie traditionnelle est restée vivante) : messes des saints nouvellement canonisés, modifications de détails dans le rite de la messe (manière de faire les inclinations, nombre d'oraisons à dire à chaque messe, jours où il faut dire le Gloria ou le Credo...), adaptation aux nouvelles situations de certains pays (les prières pour le roi ou pour l'empereur ont cédé la place aux prières pour les pouvoirs publics).
En ce qui concerne l'œuvre de saint Pie V lui-même, ce fut une œuvre d'unification qui reprit le missel en usage à Rome et l'étendit à toute l'Eglise latine pour supprimer les usages locaux plus ou moins douteux qui s'étaient multipliés à la fin du Moyen-Age.

Si, bien sûr. Mais il faut se rappeler que le rite de l'Eucharistie a été institué par Jésus lui-même, au temps de la fin de sa vie terrestre. Pour l'essentiel, il est donc d'institution divine. D'autres éléments peuvent être d'institution apostolique, et leur origine se perd dans la nuit des temps, comme c'est le cas pour les prières du canon. D'autres éléments sont dus à l'inspiration de saints pontifes, ou même à l'ancienne prière nationale de Rome. Ces éléments ont été transmis au cours des siècles. L'Esprit saint a fait son œuvre : une Providence toute spéciale garantit la prière publique de l'Eglise contre toute corruption ; sous cette protection, les éléments sanctificateurs ont perduré, les autres, moins parfaits, ont disparu au fur et à mesure.

A la messe, il ne s'agit pas de faire œuvre de création mais de suivre le Christ dans son sacrifice. La continuité des rites permet à chaque fidèle de savoir avec certitude que le sacrifice du Christ s'accomplit sous ses yeux, quel que soit le prêtre qui officie, quel que soit le pays dans lequel il se trouve. Le prêtre s'efface devant l'action du Christ lui-même. La messe n'est donc pas seulement une prière personnelle, elle est LA prière officielle de l'Eglise, instituée et voulue par Jésus-Christ lui-même. On comprend que ce trésor ne puisse être modifié au gré des modes. Chacune des prières de la messe est l'aboutissement de longs siècles de dévotion et de louange, façonnée avec prudence par la foi de l'Eglise. Chaque mot, chaque geste exprime, réalise ou symbolise des vérités sacrées. C'est véritablement l'Esprit saint qui a composé la messe. Les fidèles peuvent avoir leur part, soit d'une manière limitée par les chants, l'art sacré, la décoration, soit dans d'autres formes de prières plus libres en dehors des prières liturgiques de l'Eglise. Toute réunion non liturgique de chrétiens peut être l'occasion d'exprimer sa foi et sa joie sous des formes très diverses.

1er siècle
Le soir du jeudi saint, Notre-Seigneur donne à ses apôtres les paroles mêmes de la consécration ainsi que la forme littéraire de la prière eucharistique empruntée à l'euchologie juive.

2e siècle
Composition du Gloria in excelsis, non encore utilisé dans la messe. A Rome, la préface fait corps avec les prières consécratoires. Le pape Clément mentionne le Sanctus, qui sera introduit dans la messe par son successeur. Il est chanté dans toutes les liturgies. Des formules, semblables au Qui Pridie, introduisent toutes les prières consécratoires.

En tout sujet d'importance — et c'est bien ici le cas — il importe de fonder ses affirmations sur des arguments et des preuves les mieux vérifiées possible. Les moyens de savoir précisément comment les apôtres célébraient les saints mystères sont extrêmement rares. Le canevas de la messe est et reste apostolique dans sa source ainsi que la substance des prières qui en forment le cœur, même si, pendant deux siècles le célébrant était laissé libre d'en donner une version plus ou moins personnalisée, quoique se moulant fidèlement dans la tradition apostolique, c'est à dire dans les limites de schémas respectant les gestes du Seigneur et les traditions de telle ou telle Eglise. D'autres circonstances ont pu jouer, soit dramatiques (persécutions), soit ce que les Pères ont nommé la discipline de l'arcane, à savoir le secret dans la transmission des rites sacrés auxquels le catéchumène n'était initié que graduellement.

La célébration de la sainte messe se déroule suivant un plan bien précis et nullement arbitraire.
La messe, dans la structure même de ses rites, comprend deux parties :
une partie fixe, l'ordinaire de la messe, qui est la même à toutes les messes ;
une partie variable, le propre de la messe, qui change à chaque messe.

Le Christ, unique médiateur entre Dieu et les hommes, a fait de son peuple, l'Eglise, un peuple sacerdotal. Les fidèles exercent ce sacerdoce, commun ou baptismal, à travers leur participation à la mission du Christ et par le déploiement de leur vie de foi, d'espérance et de charité, chacun selon sa vocation propre.
Le sacerdoce ministériel des évêques et des prêtres diffère fondamentalement du sacerdoce commun des fidèles. Il est le résultat d'un appel spécial de Dieu, il est un des moyens par lequel le Christ ne cesse de construire son Eglise. Sans rien enlever de la nature humaine du prêtre, le Christ lui confère un pouvoir sacré, qui n'est autre que celui du Christ lui-même. Le prêtre est le représentant du Christ parmi les hommes, l'instrument qui permet à la grâce de se répandre par la distribution des sacrements. Il est au service du Christ et des hommes.

Il ne s'agit pas du tout d'amoindrir leur rôle. Chacun a sa place, mais elle est différente. Il serait vain de penser que tous puissent et doivent tenir tous les rôles, ou toutes les responsabilités à la fois. Etre prêtre est une vocation toute spéciale, un appel de Dieu qui est très exigeant. Ce n'est que par l'ordination sacerdotale que l'on reçoit le pouvoir d'offrir le sacrifice de la messe, et personne, sans ce pouvoir, ne peut tenir la place du prêtre. De façon paradoxale, mais très profonde, dans la messe la personnalité du prêtre s'efface devant celle du Christ qui agit : son ministre est là in Persona Christi, on ne saurait imaginer une désapropriation plus radicale. Les fidèles, à leur place, s'unissent au sacrifice en s'offrant eux-mêmes comme victimes, imitant ainsi Jésus-Christ et purifiant leur âme. Ils accompagnent le prêtre dans son acte d'offrande et participent intérieurement par leur propre prière au sacrifice du Christ.

Les fidèles sont appelés à une participation pleine, consciente et active (Vatican II) au mystère liturgique. Mais cette participation ne se mesure pas à l'activité extérieure de chaque fidèle, à ses déplacements ou à la force de son chant. Si l'on chante faux, il conviendra de ne pas chanter fort ; cela n'empêchera pas pour autant une participation réelle et profonde à la messe !
La participation à la messe doit être conforme au mystère de la messe, renouvellement et actualisation du sacrifice de la Croix. Cette participation sera donc d'abord pieuse et intérieure (Vatican II). Elle consistera à offrir nos prières et notre vie en union avec le sacrifice du Christ. Notre participation sera alors en proportion de notre foi dans le mystère renouvelé sur l'autel, comme de notre espérance du salut communiqué par le Christ, et aussi de notre amour de Jésus qui se donne à nous dans la communion.

Il y a de larges portions de silence dans cette messe, n'est-ce pas un obstacle à la participation des fidèles ?
Ce n'est pas toute la messe qui est célébrée en silence ! Le silence est gradué de façon très pédagogique. Le silence de l'offertoire (les fidèles sont assis) mène à celui du canon (debout et à genoux) et enfin à celui de la communion (à genoux). Il caractérise ainsi la deuxième partie de la messe qui contient le mystère le plus sacré : le sacrifice de la Croix rendu présent sur l'autel. Le silence est alors le meilleur moyen qui favorise une participation vraiment profonde, personnelle et intérieure, au mystère de l'autel.

Le silence est en même temps l'expression la plus belle de notre adoration envers le Dieu qui descend sur nos autels. Et la joie est présente aussi et s'exprime normalement dans les chants. Les magnifiques mélodies grégoriennes, le long ruban des Alléluia font entrer en grand dans la joie ! Il est vrai que cette joie garde une certaine retenue. Elle ne provient pas d'abord d'une émotion de la sensibilité, mais de la foi : elle est de nature spirituelle. C'est en particulier la richesse du grégorien que de favoriser et d'exprimer cette joie spirituelle qui nous met dans un climat d'intériorité permettant l'attention à la présence de Dieu.

Doit-on sentir à la messe de la chaleur humaine ? La messe n'est pas une simple réunion entre amis, elle est d'abord un culte rendu à Dieu. Chaque fidèle, comme on l'a déjà dit, est tourné vers le Seigneur et vers ce qu'Il accomplit par son ministre. Cependant il ne fait pas cette démarche tout seul. C'est comme membre d'une communauté chrétienne rassemblée pour la messe qu'il l'accomplit ; aussi, un des fruits de la messe est-il de renforcer cette communion entre les fidèles.

 

Le latin qui est une langue fixée (et non une langue morte) est comme la langue maternelle de tous les fidèles de l'Eglise d'Occident. Il vaut mieux éviter de dire du latin qu'il est une langue sacrée comme l'entendaient les païens, c'est-à-dire une langue énigmatique, inaccessible par principe au profane. D'ailleurs, l'Eglise encourage les fidèles à connaître le latin liturgique, ne serait-ce que de façon rudimentaire : répondre au Dominus vobiscum ou à per omnia sæcula sæculorum ne demande pas des études très poussées. Le missel permet pour le reste de suivre avec la traduction l'ensemble des prières de la liturgie.

Le chant grégorien fait référence à un Pape, St Grégoire le Grand, qui gouverna l”Eglise à la frontière entre les VIe et VIIe siècles (de 590 à 604) : ces quelques années de pontificat furent extrêmement fécondes à divers points de vue, spécialement pour tout ce qui concerne la liturgie.
On donne plus précisément le nom de grégorien à un répertoire contenu dans un recueil du VIIe siècle, l'Antiphonaire grégorien. Mais les premiers manuscrits comportant des signes musicaux explicites ne datent, eux, que du IXe siècle (donc, près de trois siècles après le Pape Grégoire le Grand).

Musicalement parlant, le grégorien est un chant monodique, c'est à dire que les chanteurs y chantent tous la même mélodie, n'usant en outre que de la gamme naturelle (jamais tempérée par des dièses ou des bémols ; seul le si bémol est toléré). L'outillage musical du grégorien est donc extrêmement simple, fruste même, si on le compare à ce qu'est devenue la musique de nos jours. L'oreille moderne habituée à la gamme tempérée, aux accords et à l'harmonisation de diverses voix ou instruments est invitée se purifier et s'élever par cette simplicité même du grégorien qui en fait une réalité sonore assez originale. Avec le grégorien on entre dans un univers musical qui semble, pour une oreille moderne, un peu exotique, inédit, partageant pourtant ces particularités avec la plupart des répertoires antiques. Il faut reconnaître dans ces critères ceux-là mêmes de la liturgie en général.

On a l'impression que chaque geste est codifié. Ils sont multiples (génuflexions, signes de croix). L'attitude intérieure n'est-elle pas plus authentique ?
Certes, l'union à Dieu par la vie de prière intime, personnelle et silencieuse, est essentielle à notre vie chrétienne. Le Seigneur Jésus a condamné la piété hypocrite du pharisien qui cherche à se faire valoir et cela reste toujours vrai : la vanité est particulièrement méséante dans le sanctuaire. Cela n'a pas empêché le Seigneur de bien user lui-même des gestes de la liturgie juive : montée à Jérusalem aux grandes fêtes, élever les yeux, se laver les mains (et même les pieds) avant la Pâque etc…
On doit tenir d'abord que le chrétien est indissociablement, comme tout homme sur cette terre, âme et corps, et le corps prend tout naturellement part à la prière. La sainte Ecriture nous apprend souvent à ne pas dissocier l'âme et le corps.
Dieu nous a créés et nous sauve âme et corps. Le corps, destiné à la résurrection, est ici-bas le temple du Saint-Esprit par le baptême ; il est en contact physique avec le corps du Christ dans l'Eucharistie, et les sacrements sont accomplis sur lui pour sanctifier l'âme. Dans le Sacrement des malades ou Extrême Onction, par exemple, l'huile sainte coule sur les diverses parties du corps, pour souligner que tout dans le corps est intéressé à l'œuvre de notre salut.
Tout sentiment humain authentique s'exprime spontanément par l'attitude ou le geste. Et, en retour, l'attitude et le geste expriment, intensifient ou même parfois provoquent l'attitude intérieure.

Porté en tête de la procession et répandu autour de l'autel, l'encens évoque tout d'abord l'idée de purification. Dans les pays chauds, on l'utilise volontiers pour chasser les mauvaises odeurs. L'Eglise, elle, lui reconnaît une vertu particulière pour chasser les démons. Avant de faire brûler l'encens sur l'autel le jour de la dédicace d'une église, le pontife le bénit en ces termes : Daignez bénir et sanctifier cet encens, votre créature, afin que toutes les langueurs, toutes les infirmités et toutes les traîtrises de l'ennemi, en sentant son parfum, s'enfuient et s'éloignent de l'homme, que vous avez créé et que vous avez racheté par le sang précieux de votre Fils, pour que jamais il ne soit blessé par la morsure du serpent. Dans ce but, on encense solennellement les cierges de la chandeleur, les cendres au début du carême, les rameaux et, à chaque messe solennelle, les offrandes.

N'est-ce pas à l'opposé de la pauvreté évangélique ?

La réponse la mieux connue et la plus probante vient du Curé d'Ars. Pour lui, rien n'est trop beau pour le Bon Dieu qui se donne à nous dans la sainte messe et il aimait comparer la beauté de tout ce qui relève de la liturgie avec la modestie et la pauvreté du train de vie du fidèle et du prêtre. Une belle chasuble dorée va bien sur une soutane élimée et usée, disait-il. Péguy a de belles pages sur le luxe pour Dieu, comme on disait à Cluny sans rien de péjoratif.

Pourquoi ce déploiement ?

 

En instituant les sacrements, Notre-Seigneur n'a pas déterminé dans le détail les rites avec lesquels ils doivent être administrés. Il a laissé à la sainte Eglise, mue en cela par l'Esprit saint le soin de déterminer la façon pratique de Le prier et de L'adorer. A travers les siècles, le Saint Esprit a inspiré les apôtres et assisté leurs successeurs dans l'Eglise, pour que soient menés à bien l'explicitation du dépôt révélé par le développement dogmatique et le perfectionnement du culte par le déploiement liturgique.
Pour l'accomplissement d'un culte en esprit et en vérité et pour exprimer au mieux ses sentiments les plus délicats, l'Eglise, qui est l'épouse du Christ, n'a pas cessé au cours des siècles d'enrichir sa prière et de perfectionner l'expression de son adoration.

Penser que la messe est trop compliquée pour les simples fidèles, c'est mépriser ceux-ci et les juger inaptes à l'instruction ; c'est oublier surtout la présence du Saint-Esprit qui éclaire leur intelligence et leur révèle les splendeurs de cette liturgie, tout humbles et simples qu'ils puissent être. La liturgie de la messe est une théologie en gestes et en images qui illumine les intelligences et fait exulter les cœurs. La laisser s'appauvrir, c'est créer un grave détriment pour la vie surnaturelle.

Pourquoi le prêtre tourne-t-il le dos aux fidèles ?

 

L'histoire de la liturgie montre que la coutume n'a jamais été, ni dans l'Eglise d'Orient ni dans l'Eglise d'Occident, de célébrer face au peuple, mais de célébrer en se tournant vers l'Orient pour prier.
Cette coutume de la prière orientée est immémoriale. Elle avait cours déjà chez les juifs qui priaient en direction de Jérusalem.
Dans l'Eglise primitive, pour le repas de l'agape qui précédait l'eucharistie, les participants étaient assis à des tables (ou étendus sur des divans selon le schéma des repas antiques), mais pour la célébration de la sainte eucharistie, ils se levaient et se plaçaient derrière le célébrant qui se tenait à l'autel tourné vers l'Orient, parce que le soleil levant est le symbole du Christ, ainsi que le chante Zacharie dans le Bendictus, Oriens ex alto.

La messe est un sacrifice sous la forme d'un repas, sans que l'aspect du repas n'exclue celui du sacrifice. Dans toutes les religions, les sacrifices sont des repas, mais des repas sacrés. De plus, alors qu'à la sainte Cène du Jeudi-Saint le Christ était présent de manière visible, ici, à la messe, sa présence demeure relative à celle du Christ du ciel dont nous attendons la manifestation. Comme les Hébreux avant la sortie d'Egypte mangèrent debout, les reins ceints l'agneau pascal, au cours du saint Sacrifice nous sommes debout, tournés vers le Seigneur qui vient et non plus assis comme les apôtres, autour du Seigneur présent visiblement.

Prochaines activités