Premier dimanche de l’Avent 2019

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PAX

Ut cognoscant Te

Chers Animateurs, membres et amis du CSM,

 Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la Foi sur la terre ? (Lc 18,8)

            Ces paroles de Notre-Seigneur laissent songeur par les temps qui courent… comment en effet, ne pas penser à ce que nous avons vu lors du synode sur l’Amazonie en Octobre dernier. Non pas seulement les débats sur le célibat du prêtre ou de l’ordination au diaconat de femmes mais surtout la présence de rites idolâtres à des Pachamamas dans les jardins du Vatican puis pendant le synode romain ! On croit faire un cauchemar et venu le temps prédit par Notre Seigneur Lui-même : « Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation… il y aura alors une grande tribulation, telle qu’il n’y en a pas eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. » (Mt 24,15 ; 21).

 

Quand à ce jour-là et à cette heure-là, nul n’en sait rien… il n’y a que le Père ! (Mt 24,36)

            Gardons-nous donc de jouer les prophètes de malheur et de crier tout de suite à l’Apostasie générale et à la fin des temps ! Cependant il faut bien reconnaître que Notre Seigneur nous a révélé très clairement qu’il y aura bien une fin des temps qui sera accompagnée d’une véritable apostasie de la Foi. Le Catéchisme de l’Église Catholique  précise que lors de cette fin des temps, l’Eglise passera par une passion similaire à celle de Notre-Seigneur :

« Avant l’avènement du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18,8 Mt 24,12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21,12 Jn 15,19-20) dévoilera le “Mystère d’iniquité” sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2Th2,4-12 1Th5,2-3 2Jn7 1Jn2,18 1Jn2,22).

L’Eglise n’entrera dans la gloire du Royaume qu’à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection (cf. Ap 19,1-9). Le Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Eglise (cf. Ap 13,8) selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal (cf. Ap 20,7-10) qui fera descendre du Ciel son Epouse (cf. Ap 21,2-4). Le triomphe de Dieu sur la révolte du mal prendra la forme du Jugement dernier (cf. Ap 20,12) après l’ultime ébranlement cosmique de ce monde qui passe (cf. 2P 3,12-13). (CEC 675.677)

           

Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle (Mt 16,19)

            Oui l’Eglise a les promesses de la vie éternelle mais comme l’indique clairement le CEC, elle n’achèvera pas sa course sur la terre par un triomphe historique ! Cela me semble capital d’en prendre conscience car certains catholiques sont ébranlés aujourd’hui dans leur Foi en l’Église. Ils sont choqués par cette crise de la Foi qu’elle traverse à tous les niveaux de la hiérarchie mais aussi par tous ces scandales, pédophiles en particulier, de certains ecclésiastiques (peu nombreux finalement).  Du coup ils nous disent douter de l’institution même de l’Église. A cela il existe au moins deux réponses, il me semble.

            Tout d’abord, redisons le, Notre Seigneur n’a pas prédit que son Eglise sera de plus en plus florissante, que la Foi y sera toujours plus triomphante, que tout le clergé et ses fidèles seront tous des Saints ! Non, Notre Seigneur a prédit précisément tout le contraire ! Mais voilà, nous n’aimons pas faire parti du clan des perdants, nous voulons toujours être gagnants. C’est vrai que c’est rassurant de triompher et de gagner cependant dans le cas présent, c’est l’inverse qui est rassurant, non ? Certes, et c’est l’objet de notre ferme Espérance, nous aurons bien finalement la Victoire quand le Christ reviendra sur terre mais pas avant l’épreuve finale de la fin des temps.

            Et puis, deuxième réponse, Notre Seigneur savait parfaitement ce qu’il faisait en instituant une Eglise faite d’hommes ! St Pierre, chef du collège apostolique, ne l’a-t-il pas trahit trois fois ? Un des douze, Juda, ne l’a-t-il pas vendu pour de l’argent ? Dès le tout début de l’Église n’y a-t-il pas eu plusieurs faux évangiles ? Des hérésies qui jaillissaient de partout ? Non, Notre Seigneur n’était pas naïf, il savait évidement tout cela en fondant son Eglise et cela ne l’a pas empêcher de l’instituer pour le salut de nos âmes car malgré sa fragilité humaine, elle continuera son œuvre de rédemption de par son caractère divin. Même et surtout dans les pires crises de l’Église, il ne faut pas se laisser aveugler par le mal mais au contraire voir tout le bien et il est immense aux yeux de Dieu ! Par exemple, c’est souvent dans les pires crises et trahisons qu’il y eu les plus grands Saints : St Benoît, St François d’Assise, Ste Catherine de Sienne, St François de Sales etc.

            Finalement c’est notre Foi qui nous sauvera «la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi » (1Jn 5,4) c’est pourquoi nous devons vivre et appliquer à fond la devise de cette année « Forts de notre Foi » ! Pour vous faciliter la tâche, vous trouverez ci-joint tous les passages dans lesquels le Cardinal Sarah parle de la Foi dans son livre Le Soir approche et déjà le jour baisse. Cela constitue un magnifique Petit traité sur la Foi par les temps qui courent… Je ne puis que vous inviter à le lire à tête reposée.

 

Celui qui  aura persévéré jusqu’à la fin sera sauvé (Mt 24,13 )

                        C’est là tout le message de l’Avent car en abordant le thème de la fin des temps et de la Parousie (retour du Christ), nous ne nous sommes pas éloignés du thème principal de cette lettre à savoir : notre préparation à Noël. Vous le savez, l’Église pendant ce temps de l’Avent nous met sous les yeux, dans sa liturgie, trois sortes d’avènements : celui de la naissance du Christ il y a 2000 ans, celui de son retour Glorieux à la fin des temps mais aussi celui de sa venue dans nos âmes par la grâce. Le premier nous le fêterons à Noël avec joie, le second nous l’attendons avec crainte peut-être ? En tout cas les premiers chrétiens l’attendaient avec impatience « Venez, Seigneur Jésus» (Apo. 22,20) car au-delà des événements terribles de la fin des temps, ils voyaient le triomphe final du Christ tant attendu ! Pour mieux entrer dans ce mystère de la Parousie, je vous invite à lire une Nouvelle (Texte romancé bref) qu’un frère de l’abbaye vient d’écrire Nouvelle pour l’Avent et qui n’est pas sans un certain charme !

            Et nous, est-ce que nous attendons avec impatience le retour du Christ ? Est-ce que nous y croyons seulement ? Ne sommes-nous pas plutôt à rechercher notre confort et notre bien être sur cette terre ? Finalement est-ce que la Foi est vraiment notre lumière et notre moteur dans notre vie ?

 

« Mes frères, sachez que l’heure est venue de nous réveiller de notre sommeil » (Rom 13,11).

            Cette invitation de St Paul dans l’épître de ce dimanche, nous fait réaliser l’urgence du troisième avènement du Christ, celui de la grâce dans nos âmes !

            Alors que ferez-vous pendant cet Avent pour faire triompher la grâce dans vos âmes ? Allez-vous arriver les mains vide devant l’Enfant Jésus le matin de Noël ? Vous allez pourtant bien offrir des cadeaux aux enfants qui vous sont chers, et à cet Enfant Dieu, vous n’allez donc rien lui offrir ? Je vous vois un peu gêné… alors choisissez un vrai cadeau, un cadeau qui lui fasse vraiment plaisir ! En bref ce qu’il attend de vous depuis déjà peut-être trop longtemps… si vous ne savez pas, alors demandez-lui ! S’il ne répond rien, alors demandez moi et je vous donnerais des idées…

            En tout cas, il y a un cadeau que vous pouvez lui faire et qui lui fera vraiment plaisir.  Car voyez-vous quand on aime quelqu’un, on désir passer du temps avec lui or le Bon Dieu vous aime à la folie et ne souhaite que de parler à votre cœur. Ce cadeau, vous l’avez deviné, c’est bien sûr la Retraite de Noël (du 26 au 30 décembre) : « Viens passer 4 jours à la suite de Don Bosco » ! N’hésitez plus à vous inscrire et à inscrire les membres de vos équipes et à vous démener pour y attirer le plus de monde possible, car une retraite peut être décisive dans une vie !  Le Père Luc de Lagrasse et moi-même aurons la joie de vous la prêcher.

               Je vous assure de ma prière tout au long de ce temps de l’Avent, et vivons à plein notre devise de l’année : Forts de notre Foi !

Votre Frère François de Sales O.S.B.