Lettre de l’Avent

Premier dimanche de l’Avent 2018

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PAX

Chers Animateurs, membres et amis du CSM,

Une histoire d’amour…

« Je t’aime, ô si tu savais comme je t’aime ! » Ainsi s’exprimait un jeune garçon dans une lettre à sa destinataire. Quel feu ! Et il continuait : « Je voudrais traverser les océans pour toi, braver les flammes, etc. ! » Quelle belle preuve d’amour ! Souffrir pour celle que l’on aime. La jeune fille se prend à rêver au beau et noble prince charmant, à construire un roman… Le rêve, le roman, c’est LE grand danger qui menace les femmes de 14 à 74 ans…! Car le retour au réel est une chute qui peut faire très mal et casser toute une vie.

Et il achevait ainsi sa déclaration : « Bon, alors demain, s’il ne pleut pas, je viendrai te voir… » Quelle déception pour elle ! Ce n’était que des paroles en l’air, des mots sans consistance, de la poudre aux yeux ! Peut-être que le pauvre garçon se croyait sincère, tant l’on peut être aveugle sur soi-même et se faire des illusions sur son propre cœur ! La jeune fille a dû probablement vérifier la date ; non, nous ne sommes pas le 1er avril, ce n’est pas un poisson d’avril ; ce n’est pas une farce… et pourtant ce pourrait bien l’être…! Les garçons s’amusent si facilement avec le cœur des jeunes filles ; c’est dans leur tempérament de vouloir séduire, posséder… et souvent jouer avec elles…

Vous vous demandez certainement pourquoi je vous raconte cette histoire d’amour entre ces 2 jeunes ? Non, rassurez-vous, je ne vise personne, mais j’aimerais simplement en tirer une leçon en ce début de l’Avent !

 

Une histoire d’amour… vraie  !

            Dans moins de 25 jours, nous allons célébrer la fête de Noël, autrement dit la venue (adventus = l’avent) du Verbe, de la seconde Personne de la Trinité sur la terre. Lui, Il a montré en acte jusqu’où Il nous aime. Il a franchi cet abîme infini, tellement plus grand que tout océan, qui sépare la divinité de l’humanité, par son Incarnation ; puis Il s’est consumé d’amour sur la Croix, réalisant en vérité sa parole : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Pas de poisson d’avril ! C’est une lettre d’amour vraie, écrite avec tout son sang et ses larmes, une véritable déclaration d’amour.

En ce début d’Avent, j’aimerais insister sur le DON DE SOI. Le thème de cette année étant Jésus-Christ, Maître et Modèle de la Jeunesse, il est vital pour nous de méditer cette phrase magnifique de Dom Augustin Guillerand (chartreux) : « Se donner, voilà le secret de ne pas mourir, c’est l’Éternel qui nous l’a livré, ce secret ! » Oui, le don de soi est à la base de toute vie chrétienne, il en va tout simplement de la vie ou de la mort de notre vie spirituelle et c’est Notre-Seigneur qui, une fois de plus, est notre Maître et notre Modèle en ce domaine.

Par ailleurs, ce qui est frappant dans notre société, c’est précisément l’absence du don de soi et une exaltation de l’individualisme et de l’ego qui mène finalement au suicide des personnes et de la société. Tout est fait aujourd’hui pour exalter l’amour captatif, pour jouir personnellement, pour combler l’ego.  Il n’est plus question d’amour oblatif, d’engagement, de fidélité, d’honneur, car seul l’individu et son petit plaisir comptent !

Quelle erreur fatale ! Comme si nous pouvions vivre isolément, sans les autres. Notre bonheur dépend en bonne partie de notre entourage et, pour que notre rapport avec les autres se passe bien, il faut inévitablement se donner et arrêter de ne rechercher que ses droits sans vouloir remplir ses devoirs.

 

Une histoire d’amour… qui  peut faire mal  !

Mais pourquoi la société actuelle et nous-mêmes parfois, avouons-le, rejetons le Don de soi ? Tout simplement parce que cela coûte et que notre pauvre nature humaine blessée par le Péché originel n’aime pas la souffrance ni le sacrifice ; du coup, quand cela nous coûte, nous préférons « botter en touche » !

Pour nous aider à être vraiment des disciples de Jésus-Christ, voici un très beau texte de Ste Mère Teresa à méditer en ce temps de l’Avent :

« Jésus mourut sur la croix parce qu’il prit sur Lui de nous sauver de notre péché d’égoïsme. Il renonça à tout pour faire la volonté de son Père, pour nous montrer que nous devons, nous aussi, tout abandonner pour faire la volonté de Dieu, nous aimer les uns les autres comme Il a aimé chacun d’entre nous. Si nous ne Voulons pas cela, c’est que le péché est encore en nous. C’est pourquoi nous devons donner à chacun jusqu’à ce que cela fasse mal.

Comment pouvez-vous aimer Dieu que vous ne voyez pas, si vous n’aimez pas votre prochain que vous voyez, que vous touchez, avec qui vous vivez ? Il est très important pour nous de réaliser que cet amour, pour être vrai, doit faire mal. Je dois être disposé à tout donner non seulement pour ne pas faire de mal aux autres mais encore pour leur faire du bien. Ceci exige que je sois disposé à donner jusqu’à ce que cela fasse mal. Sinon il n’y a pas d’amour véritable en moi et j’apporte l’injustice, non la paix, à ceux qui m’entourent. »

Cet amour dont parle Ste Mère Teresa s’applique éminemment à l’Apostolat et donc dans le Chapitre, qui se veut missionnaire, comme vous le savez. Il ne faut donc pas s’étonner si parfois cela fait mal de se donner pour les âmes ! Oui cela coûte parfois d’être fidèle aux activités d’équipes plutôt que d’aller s’amuser, de partir faire un pélé dans le froid plutôt que de rester chez soi bien au chaud, ou de dormir à la dure en camp d’été, etc. Oui, cela coûte aussi de se former sérieusement et de préparer parfois un topo ! Oui cela coûte de prier le matin et le soir, de faire oraison et de dire son chapelet !

 

Une histoire d’amour… qui donne la joie véritable !

            S’il est vrai que l’amour vrai doit aller jusqu’à faire mal pour être authentique, il vrai aussi qu’il est le seul  à nous procurer une joie véritable ! Je suis sûr que nous en avons tous fait l’expérience. Quand nous sommes lâches et que nous choisissons notre petit plaisir, notre petit confort, plutôt que d’accomplir une tâche difficile, notre plaisir devient rapidement amer car nous avons confondu le bonheur, la joie véritable, avec le plaisir ! La joie véritable passe forcément par le don total de nous-mêmes car « aimer c’est tout donner et se donner soi-même » comme le disait Ste Thérèse de Lisieux, et nous sommes faits foncièrement pour aimer ! Et puis le don de soi procure la joie de l’autre comme le montre l’histoire touchante « Un geste amical peut sauver une vie ».

 

 Alors que faire pendant cet Avent pour aimer en vérité ?

Puisque Jésus-Christ est notre modèle et qu’Il nous a montré à quel point Il nous aime en s’incarnant dans un tout petit enfant, ce qui n’a pas dû être très « confortable » quand on est en même temps le Maître du monde…, à chacun d’entre nous de nous demander ce que nous pourrions bien faire de notre côté pour lui prouver notre amour. N’ayons pas peur de prendre une résolution concrète qui nous coûte, nous fasse un peu mal… autrement dit une résolution qui va nous aider vraiment à grandir en sainteté et à bien nous préparer à la venue de Jésus dans la crèche ! Ce peut être un défaut à combattre, une vertu à acquérir, un sacrifice à offrir, un bon livre à lire, par exemple ceux proposés pour vivre le thème de cette année : L’Imitation de Jésus-Christ, (traduit  par  Lamennais), et L’Évangile de Jésus (vie de Jésus à partir des 4 évangiles en un seul) par Mgr Galbiati. La fidélité dans votre prière (matin, soir, oraison, chapelet), aider une personne en difficulté, être davantage missionnaire autour de soi, s’engager à fond dans le Chapitre, etc.

            

Enfin n’oubliez pas, même si cela peut aussi vous coûter, la retraite de Noël (du 26 au 30 décembre) : « Viens passer 4 jours à la suite de Jésus-Christ » ! N’hésitez plus à vous inscrire et à inscrire les membres de vos équipes et à vous démener pour y attirer le plus de monde possible, car une retraite peut être décisive dans une vie !  L’abbé Côme Rabany et moi-même aurons la joie de vous la prêcher.

Je vous assure de ma prière tout au long de ce temps de l’Avent, et vivons à plein le don de soi en attendant Celui qui nous a donné l’exemple et qui est notre Maître et notre Modèle : Jésus-Christ, le Fils de Dieu sauveur !

Votre Frère François de Sales, o.s.b.   +

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